#thegoodmoodclass !

A l’occasion du Nouvel an lunaire : Please meet Julie Hamaide , fondatrice de Koi Magazine

POSTED ON 20/02/2018

 

 

Hello les amis!

 

Comment allez vous? A moins de ne vivre reclus dans une grotte sans accès wifi, vous savez peut être qu’il s’agit actuellement du nouvel an lunaire, ou chinois 🙂 Officiellement c’était vendredi 16/01 le premier jour, le début de l’année du Chien de Terre, mais certaines festivités commencent parfois quelques jours avant, notamment la prière aux ancêtres la veille . Il est dit qu’il est de bonne augure en cette année de Chien de favoriser les initiatives humaines, collectives, solidaires , courageuses, et fidèles et aussi toutes les questions relatives à la sécurité. Il y a quelques années je m’étais moi même interrogée sur ces us et coutumes car je me rendais compte que je faisais les choses sans vraiment savoir pourquoi, et surtout avec les enfants, les questions s’étaient trouvées sans réponses !  forcement avec eux, il y a une véritable remise en question quant à l’identité et les origines, et suite à cette enquête que j’ai menée auprès de ma famille et mes amis, je me suis aperçue que l’on était nombreux à ne pas savoir pourquoi on faisait telle ou telle chose! et de l’autre je me suis rendue compte que malgré la diversité des différentes cultures chinoises, qu’elles soient du Sud Est de l’asie ( d’où vient ma famille ) ou de chine, ou d’ailleurs, il y a tout de mêmes une base commune.  Vous pouvez donc y retrouver / découvrir quelques coutumes et traditions ICI et je vous invite sinon à vous procurer le dernier KOI ( la carpe en chinois )  en kiosque- le premier magazine dédié aux cultures asiatiques.

Si vous me suivez un peu sur IG vous pouvez voir que je parle de plus en plus d’évènements liés à la communauté asiatique ou au 13ème le chinatown français 🙂 Je vous en parlerai un peu plus plus tard, mais pour la petite anecdote un jour je parlais à mon amie Grace Ly auteure du blog La petite Banane et un peu le porte parole des femmes asiatiques, très impliquée dans le combat anti-racisme asiatique , réalisatrice de la webserie Ca reste entre nous,  et LA spécialiste des bonnes adresses de restos asiatiques bref une pépite! Un jour au détour d’une conversation je dis à Grace  : » tu trouves pas que c’est bizarre on ne m’interroge jamais sur les questions reliées au côté asiatique? » et là Grace me répond ultra sincèrement : « ah mais c’est drôle Sophie, même moi en fait si on me demandait de citer une fille asiatique je t’avoue que tu ne me viens pas du tout à l’esprit comme ça hahahha! pour moi tu es plus parisienne que asiatique  » LOL. Voilà c’est dit. En réalité elle a surement raison, je me suis toujours sentie française d’origine asiatique. J’ai grandit loin du communautarisme, à la campagne, dans des écoles privées catholiques ou la seule asiatique était adoptée. Des copains plutôt « blancs » dont l’education devait pas être trop mauvaise, car je ne pense pas avoir été victime d’un quelconque racisme… après y a eu mon education à la maison, par mes parents, qui ont tout fait pour être loin de tous ces chinatowns,  il fallait s’intégrer car une évidence, et une marque de respect pour ce pays qui les avait accueilli. Et maintenant avec beaucoup de recul et d’interrogation je sais d’où vient ce besoin d’adaptation : mes grands parents d’origine chinoise mais nés au cambodge au inculqué ces mêmes valeurs à mes parents, les encourageant à « devenir » cambodgiens et oublier ou laisser pour la maison les traditions chinoises. J’ai grandi toute ma vie persuadée que j’étais d’origine cambodgienne, à la maison mes parents parlent cambodgien et français. Bizarrement les 3/4 de ma famille parlent plutôt chinois mais quand je demandais à ma mère pourquoi eux ils parlaient chinois, elle me disait que c’était du aux différents mariages avec des chinois. Bref j’ai jamais trop cherché à comprendre je vivais avec toutes ces cultures et traditions avec parcimonie. J’ai grandit au sein d’une famille nombreuse et très « vivante » ,chez nous on fait rien à moitié LOL, les hommes et les femmes ont du caractère, mes parents étaient venus en france pour étudier, ils n’avaient pas prévu que la guerre allait autant tout changer – encore une fois je pense qu’on y reviendra ;p – et donc il y a quelques années lors du nouvel chinois chez ma grand mère (RIP) je lui demande :  » au fait Mamie, pourquoi on fête le nouvel chinois et pas le nouvel cambodgien? », et ma grand mère qui me repond :  » mais Sophie, nous sommes chinois, nous ne sommes pas cambodgiens, on est juste nés la bas ! » WTFFFFFFF  comment j’apprends ça à trente et quelques années??!? cela expliquerait enfin pourquoi au cambodge tout le monde me prend pour une chinoise LOL.  Bref, c’est surtout depuis que j’ai mes enfants et que je vis dans le 13 eme ( encore un signe de l’univers? ) que je m’interesse plus aux origines, aux traditions…. car j’ai tout simplement envie de pouvoir raconter à mes enfants d’où ils viennent, et à priori, je n’en savais pas grand chose visiblement! et je sais pas si c’est avec l’âge mais j’aime de plus en plus manger asiatique hahahah et pourquoi tout cela m’interesse aujourd’hui? peut etre car c’est une piece du puzzle qui me manquait… souvent j’ai cru remarquer pour les gens qui ont trop vécu en communauté, à un moment, ils sont dans le rejet de leur culture maternelle ou à cause d’une forme de racisme quelconque subie ,ont ressenti le besoin de se détache de ce côté « trop asiatique et cliché ». Peut être que comme je n’ai jamais vu trop d’asiatiques, ni vécu aucun cliché, je n’ai jamais été dans le rejet de quoi que ce soit, au contraire je trouvais ça plutot cool de savoir parler 2 langues , de voyager en asie, ou de faire croire à mes copains que les Bioman ou Bruce Lee etaient de ma famille ;p LOOOOOOOL Donc en grandissant dès que je voyais des asiatiques, ils m’avaient forcément l’air sympa ou un air de famille, on se trouvait toujours des tas de points commun! c’est donc comme ça que j’ai découvert sur le tard…. que j’étais asiatique LOL. En réalité je me sens avant tout française, je suis née ici, j’y ai faite toute mon education et vécu ici toute ma vie.  Si je parle de cela aujourd’hui c’est parce que je sais que je ne suis pas la seule à me poser ce genre de questions, et aussi incroyable soit il, il faut attendre 2017 ou 2018 pour enfin commencer à entendre parler des asiatiques comme si avant, « ils ne comptaient pas », mais ça c’était avant ;p

Quand mes copains du 13ème me proposent de venir au lancement de ce nouvel magazine KOI sur les cultures asiatiques, je suis avant tout super contente qu’une initiative pareil soit faite, mais je ne suis pas dispo ce soir, là, je me procure le premier numéro que je dévore, je le trouve ultra bien fait, interessant, touchant… forcément ça me parle. Mais surtout je trouve ça bien fait et ultra pro, on sent que la direction du magazine n’est pas orientée exclusivement pour un lectorat asiatique. Au contraire, il est là pour informer de ce nouveau paysage, cette nouvelle voix qui commence petit à petit à s’exprimer. Et oui, il aura fallut du temps, mais ça y est, on est sorti de notre mutisme communiquant 😉 Il me fallait absolument rencontrer cette fille qui a lance KOI, on m’a dit qu’elle était super jeune et avait lancé toute seule comme une grande. Je voulais la voir rien pour pour saluer ce remarquable projet, et c’est toujours tellement courageux d’être le premier dans quelque chose! puis il fallait que je comprenne aussi comment? pourquoi un tel projet? Mon copain David organise un diner pour que je la rencontre, et bien sur le fit se fait instantanément. Julie est eurasienne, elle a à la fois ce côté très asiatique et très français, avec les yeux clairs , autant dire le rêve de tout asiat hahahah! et elle me raconte sa double culture, ses propres interrogations, recherches, mais surtout ce manque d’informations qu’elle constate dans son métier, car Julie est avant tout journaliste de profession elle écrit pour M le Monde, Liberation, Society, Cheek …. pour n’en citer que quelques uns.
Je suis assez admirative devant tant de convictions et de passion,  Julie a envie de montrer, partager avec le monde les différentes cultures asiatiques, et j’en suis sure c’est ce dont le monde a besoin. D’ailleurs je  n’en reviens pas quand elle me dit qu’elle me suit sur instagram depuis plusieurs années, et qu’elle pensait que j’étais… américaine LOOOOOOOOL. En tant que jeunes entrepreneuses dans des milieux assez niveaux, on se comprend forcément 🙂

 

Extrait du Koi n°2 <3

 

 

 

Interview avec Julie Hamaide

 

Peux tu te présenter en quelques mots ? 
Je suis la fondatrice et rédactrice en chef du magazine Koï, un magazine de société sur les cultures et communautés asiatiques.
Je vis à Paris et j’ai 27 ans.
Comment et quand as tu eu l’idée de créer Koï ? 
Je pense que cette idée était en moi depuis plusieurs années, sans même que je le sache. Je suis eurasienne, d’origine vietnamienne, et lors de mes études de journalisme j’orientais déjà mon regard vers les sujets qui traitaient de l’actualité asiatique ou sur les Asiatiques en France. Au mois de septembre 2017, j’ai rencontré Frédéric Chau pour Cheek Magazine et M le magazine du Monde. On a discuté de sa médiatisation lors de la manifestation du 4 septembre, après la mort de Zhang Chaolin, agressé à Aubervilliers. J’étais journaliste indépendante et j’ai réalisé qu’aucun média ne mettait en avant la diversité des personnalités d’origine asiatique en France, ni ne permettait aux non-Asiatiques de mieux connaître ces cultures.
Comment le magazine à t il était percu par la communauté asiatique ? 
J’ai la chance d’avoir pu lancer le magazine grâce à un financement participatif. Avant même le lancement, de nombreuses personnes d’origine asiatique me félicitaient, me disaient qu’elles attendaient un média comme ça depuis longtemps. Ça m’a conforté dans mes intentions, et je reçois encore beaucoup d’encouragements. Je vois une vraie solidarité et une envie d’être mieux représenté.
 Etant eurasienne de quelle culture te sens tu plus proche ? 
Je me sens à 100 % française avec une « spécificité vietnamienne » comme dirait ma tante, née au Vietnam. Je suis née et j’ai grandi en France. La réalité de la culture vietnamienne aujourd’hui est différente de la culture vietnamienne de mon père, transmise par ses parents quand il était enfant. Tout change très vite et je ne parle pas vraiment vietnamien. J’apprends la langue, pour cela je dois aussi apprendre la culture.
 As tu rencontre des difficultés pour créer le magazine ? 
Créer une entreprise n’est jamais facile. J’ai dû apprendre le métier d’éditrice de presse, car j’étais journaliste avant. Je ne connaissais rien à la distribution ni à l’impression.
J’ai à la maison une citation de Walt Disney encadrée au dessus de la (fausse) cheminée : « If you can dream it, you can do it ». Il fallait « juste » le faire !
J’ai eu la chance d’être encouragée et aidée par des femmes inspirantes comme Myriam Levain de Cheek Magazine qui m’a tout de suite soutenue ou Grace Ly qui fait partie des premières à qui j’ai révélé mon projet et demandé conseils.
Les meilleures souvenirs de cette création ? 
La soirée de lancement, à la galerie A2Z Art Gallery était géniale. J’ai trouvé ça dingue de me retrouver dans un lieu si beau et d’attirer autant de monde de milieux différents : des journalistes, des commerçants du 13ème, des représentants de marques, des artistes, des personnes ayant participé au crowdfunding… C’était hyper enrichissant et boostant de rencontrer toutes ces personnes.
 Si tu avais un message à passer ? 
Lancez-vous ! Quoi que vous ayez envie de faire. Il faut oser aller au bout de ses projets. Oui, c’est dur; il faut conceptualiser son idée, faire un business plan, trouver des financements, travailler 60h par semaine, prendre d’énormes risques, mais on se sent vivant et on fait des rencontres incroyables.
Qu’est ce que t’évoque le nouvel an lunaire ? 
Le banh chung !!! C’est un plat typique du Nouvel An au Vietnam. J’ai appris à le faire avec ma tante et mon mec il y a quelques années. On y a passé des heures ! Il fallait laver les feuilles, apprendre à les plier, disposer le riz, les haricots mungo, la viande et faire cuire le tout pendant 4h. C’était un super moment. J’ai filmé les gestes de ma tante et tout monté quelques jours plus tard. Je trouve cette transmission très émouvante. Le banh chung est vraiment un truc de famille. Lorsque j’ai fêté le Têt au Vietnam en 2014, c’était impossible de le commander au restaurant. J’ai finalement demandé à une serveuse s’ils en avaient et elle m’en a rapporté un petit bout de la cuisine. C’était un truc réservé aux employés !
Banh Chung- photo de banhchungbakieu.com

 

La semaine dernière Julie et moi étions invitée à présenter un évènement lié au nouvel an lunair chez Salesforce, entre légendes et symboliques et danses de lion pour porter, chance, bonheur santé et prospérité! Et comme d’habitude j’ai encore appris plein de trucs ;p

 

 

Et voilà j’espère que cette rencontre vous aura plu et si jamais vous êtes dans le coin, dimanche 25/02 aura lieu le grand defilé des dragons et lion pour le nouvel an lunaire! Du coup vous comprenez pourquoi je m’interesse et je parle autant des sujets liés à l’actualité asiatique, c’est tout simplement parce que je n’y connais précisément grand chose et cherche à en apprendre d’avantage ;p  L’idée de pouvoir participer à l’émancipation de toute cette nouvelle vague me plait énormément, et comme je vous l’ai dit, un jour le 13eme deviendra un spot super cool!

 

« Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va »

Antonio Gramsci

Je vous embrasse fort

A très vite,

Sophie

 

 

 

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